Définition

Le hurdle rate, ou taux de rendement minimum, est le seuil de performance qu'un fonds doit dépasser avant que la société de gestion ne puisse prélever sa quote-part de plus-value, le carried interest. Tant que ce seuil n'est pas franchi, l'intégralité des distributions revient aux investisseurs.

Le niveau le plus répandu en Europe se situe autour de 8 % annuels, mais il n'a rien d'une norme : il se négocie, et certains véhicules affichent des seuils sensiblement inférieurs.

Comment il fonctionne

Le hurdle est généralement cumulatif et composé annuellement. Autrement dit, il ne suffit pas de dépasser 8 % une année : la performance doit dépasser ce taux sur toute la durée de vie du fonds, capitalisé.

Il s'exprime soit en taux de rendement interne, soit en multiple du capital appelé. Un hurdle exprimé en multiple, par exemple 1,2 fois la mise, est indifférent à la durée : il est plus favorable au gérant sur un fonds long, plus exigeant sur un fonds court. Un hurdle exprimé en TRI produit l'effet inverse.

Soft et hard hurdle

La distinction est décisive et souvent passée sous silence. Avec un hard hurdle, le gérant ne perçoit sa quote-part que sur la fraction de performance qui excède le seuil. Avec un soft hurdle, le franchissement du seuil lui ouvre droit à une quote-part calculée sur la totalité de la performance, y compris la partie située sous le seuil.

Sur un fonds réalisant 16 % avec un hurdle de 8 %, l'écart entre les deux mécaniques se chiffre en points de rendement net pour l'investisseur. C'est une clause à lire, pas à supposer.

Ce qu'il faut regarder

Trois éléments, tous inscrits au règlement du fonds : le niveau du seuil, son mode d'expression, et le mécanisme de rattrapage éventuel qui permet au gérant de récupérer sa part une fois le seuil franchi. Un hurdle élevé assorti d'un rattrapage intégral et rapide n'est pas nécessairement plus protecteur qu'un hurdle modéré sans rattrapage.